Le « grand dérangement »

manif 26 nov 2014

Ça ne passe pas par là. La maison des citoyens? Pas aujourd’hui.

Mercredi le 26 novembre, 2014: on nous a prévenu qu’il y aura aujourd’hui un « grand dérangement » à l’Hôtel de Ville. Alors je m’attendais à voir un peu les mêmes phénomènes que nous avons vu déjà: des gens manifestant leur défaveur envers la fameuse Loi 3 sur les régimes de retraite en brandissant des affiches, en portant des chandails à slogans, en faisant du bruit.

On nous a promis cette fois-ci que la manifestation se déroulerait sous une surveillance policière accrue avec un souci de garder dégagée la porte d’entrée de l’Hôtel de Ville, Place Vauquelin. Ces consignes furent respectées de ce que j’ai pu observer en arrivant à 8h30 le matin pour la présentation du budget aux élus de l’opposition dans le bâtiment adjacent. Mais pendant la présentation, on entendait un vacarme qui montait toujours en crescendo vers le 6ème étage. Après la présentation, curieux, on se pressait à la fenêtre, surveillant l’évolution de la situation autour de l’Hôtel de Ville. Des autobus s’alignaient maintenant sur la rue Notre-Dame, amenant des manifestants en renfort. Sauf que ceux-ci n’étaient plus de la même mouture. Ceux-ci étaient des manifestants que je qualifierais de « professionnels »; plus aguerris, la colère à fleur de peau et prêts à la confrontation.

Certains élus sont nerveux. Ils ne veulent pas franchir la ligne de piquetage. Projet Montréal décide de tenir leur caucus dans un café en non pas dans leurs bureaux à l’Hôtel de Ville, par principe. Je présume donc que pour être conséquent, ils ne vont pas se plaindre de la dette engendrée par les régimes de retraite.

13h45: quinze minutes avant le début du conseil où l’on reçoit le dépôt officiel du budget, occasion pour chaque formation de faire une première analyse et d’ouvrir le débat sur le budget; la foule est rendue devant les portes, Place Vauquelin. Impossible de rentrer dans l’Hôtel de Ville maintenant sans rencontrer une sérieuse opposition de la part des manifestants. Quelques conseillers l’ont tenté et la foule s’est resserrée autour d’eux, les éjectant d’un mouvement concerté. Les quelques policiers en poste devant les portes ne bronchent pas.

Alors: qu’est ce qu’on fait? On tente nos chances, au risque de se faire brusquer par une foule en colère? On rentre chez nous? Enfin une troisième option nous a été présenté: un sergent policier est arrivé vers nous, nous offrant de nous reconduire par un autre chemin. J’accepte. Car pour moi, autant ces gens-là ont le droit de se manifester autant ils n’ont pas le droit de m’empêcher de faire mon travail, celui pour lequel j’ai été élue: de veiller à la bonne gestion des fonds publics.